L'amour du Loup, une passion née pour cette alliance fascinante entre Mystère et Sauvage

L'Amour du Loup

L'Amour du loup a fait disparaître ma peur du chien.

Petit, j'ai été effrayé par un chien, et jusqu'à 23-24 ans je n'étais pas à l'aise avec eux.

Entre ces deux moments là, la curiosité pour cet animal m'a gagné lentement et progressivement, alors que j'ai toujours eu une affinité pour les félins. C'est en réalité au travers des jeux de rôles que la présence du loup a gagné mon imaginaire et a alimenté un rêve magique, celui de la complicité improbable mais fascinante entre un animal sauvage et l'homme. Je découvrais le sens du mot "empathie"…

Plus tard, au cours d'un voyage en Suède en saison estivale, j'ai vu plusieurs prospectus pour des séjours avec chiens de traîneaux l'hiver. L'activité était hors de prix, elle s'était cependant logée dans un petit recoin de ma tête. J'ai commencé à être attiré par les huskies, dont l'allure, la fierté, l'indépendance et la profondeur du regard m'évoquaient quelque chose du loup. Puis mon intérêt s'est élargi au chien et aux canidés en général, ce qui m'a amené à l'éducation, l'éthologie et aux rapprochements entre chiens et loups.

Pour finir, l'idée enfouie s'est délogée de son recoin, j'ai participé à un stage de chiens de traineaux avec l'UCPA, dans le Vercors, une magnifique région de France aux paysages sauvages et encore préservés. C'était vers 2003-2004, le rêve m'y a poussé, la réalité m'a rattrappé : se retrouver avec une peur de jadis au milieu de 30 chiens en liberté le premier jour au moment pour eux de se détendre et nous de faire leur connaissance, c'est déclencher une friction entre réserve et attrait, entre peur et passion.

A l'arrivée, c'est la passion qui a eu le dessus :-) Une complicité s'est forgée entre les apprentis-meneurs (mushers dans le jargon) que nous étions et les chiens d'attelage. Nos attelages étaient composés de plusieurs types de chiens, des Alaskan, des Groenland (mes favoris, je crois), des huskies et des malamut. Au bout de l'histoire, j'ai été particulièrement touché lorsqu'une des chiennes les plus sensibles m'a dit "au revoir" spontanément d'elle-même le dernier jour, alors même que je n'avais pas compris qu'ils allaient rentrer "maintenant" dans leurs compartiments de voyage.

Le séjour traîneaux et raquettes a été une belle aventure humaine et nature, à l'ambiance "de mini-expédition", encadrée par des accompagnateurs passionnés. Le long du séjour s'établissait aussi le contact avec la meute : une meute de chiens possède les vraies caractéristiques d'une meute, avec les rapports entre individus et le hurlement de ralliement le soir. Ce son vous touche dans le coeur, tant ils sont à l'unisson et montent dans des vibrations qui vous emmènent loin…. Loin. Loin, chez leur ancêtre, le loup.

C'est là que s'est amorcée une quête qui m'a poussé à me rapprocher tant que je le pouvais, à mon niveau, de cet animal sauvage qui s'était immiscé dans mes rêves jusqu'à toucher mon âme.

Ces recherches et son fil conducteur m'ont conduit à me rapprocher d'autres amateurs, dont un chantier d'apprentissage avec l'association Volontaires pour la Nature (anciennement "A Pas de Loup") et la rencontre de plusieurs passionnés au groupe mamm' de l'association Nature Midi-Pyrénées. J'ai appris beaucoup et partagé de riches expériences avec les co-équipiers motivés de ce groupe, amoureux de bêtes de tous poils :)

Au fil du parcours, la peur du chien, elle, s'est effacée, elle s'est guérie. J'ai maintenant à la maison un adorable grand chien, qui, s'il en a le museau, est trop gentil malgré un sacré tempérament, trop proche et attaché pour être "loup". Pourtant, quand son instinct s'empare de lui et se met à vivre en lui, il dégage quelque chose de majestueux qui vibre du sauvage. Cela me rappelle le loup et me rappelle aussi que nous avons quelque chose de ça en nous et que c'est beau.

J'aime le loup pour ce qu'il est, il m'impressionne aussi, et j'ai beaucoup de respect pour lui. Comme pour tous les animaux d'ailleurs :-)

Aujourd'hui, installé dans le confort de la maison et pris par un certain nombre d'activités et obligations, cette passion est un peu en veille. Il se fait aussi que je m'adonne à des thèmes plus geek et associés à l'espace numérique ces temps-ci, comme l'écriture de ce billet et l'administration du site qui va avec, notamment… Donc moins de disponibilités pour filer (ailleurs) et laisser filer (le temps).

La flamme ne s'est pas éteinte pour autant, et de de temps en temps, elle se ravive. C'est ce qui s'est passé il y a quelques semaines, le 14 janvier exactement, un soir de "presque pleine lune" (elle était pleine le 12/1/2017) lorsque j'ai été voir le film "La Vallée des Loups".

La Vallée des Loups : un récit en images et musique en quête du loup

Recommandé par quelques membres du groupe mammifères de Nature Midi-Pyrénées, ce film de Jean-Michel Bertrand, édité par les cinémas Pathé est en ce moment encore diffusé à Toulouse au cinéma ABC.

Je vous livre mes impressions personnelles…

Surprenant, ce film nous fait partager une quête, la quête d'un homme passionné, qui choisit de donner vie à son rêve. Il nous emmène dans des paysages magnifiques, nous plonge dans une ambiance hivernale et l'histoire se met en route, tout comme son narrateur… Et son public, qui voyage avec lui, le froid en moins !

Parce que le challenge n'est pas simple. Il nous met en contact avec l'humilité devant la réalité, la simplicité de la pure nécessité, les atouts et limites de notre équipement modernisé, la rudesse des éléments, l'expression brute de la nature sauvage souvent oubliée dans notre quotidien, pourtant à portée de main, et, à la clé, le bonheur de l'émerveillement.

Ainsi, c'est avec de la conviction, de la persévérance, du flair et une certaine dose de chance que notre explorateur trace son chemin. Devant les efforts déployés, les instants fugaces de vie sauvage prennent toute leur intensité. A l'âme ouverte, la quête prend sa dimension sacrée, amplifiée par les chants qui sonnent et résonnent comme une ambiance tribale.

Le loup est fidèle à lui-même, discret, curieux et prudent. Notre guide-pisteur nous transmet ses émotions à le rencontrer subrepticement. Amoureux des loups, nous pouvons nous-mêmes savourer ces moments.

Il nous transmet aussi tout au long du film de quoi aimer la vie sauvage dans sa globalité et sa pure simplicité. Pour cela, il faut apprendre la regarder. Entre la neige, le vent, la chouette, le renard et le blaireau, tout ce petit monde s'anime sur une musique rythmée qui accompagne admirablement ces séquences, donnant un entrain à leur mouvement.

Si vous l'aviez oublié, rappelez-vous en : la nature sauvage est belle, elle nous initie à la danse de la vie et mérite d'être aimée <3.

Merci, M. Jean-Michel Bertrand pour l'avoir partagée avec nous.

Le loup raconté : quelques pages d'histoire, le folklore, des légendes

Les sciences naturelles nous donnent une compréhension du loup, de son comportement, de ses habitudes.

L'histoire, la culture, le folklore, les légendes forgent le regard que nous portons. Explorer ce qui nourrit notre psyché, c'est aussi élargir son regard.

France Culture a constitué une anthologie de plusieurs émissions qui abordent le loup sous le regard de l'historien, de l'ethnozoologue, du raconteur ou des témoignages que nous relaient les journalistes. Cette anthologie est présentée sur leur site Internet : https://www.franceculture.fr/histoire/quand-les-hommes-aimaient-les-loups.

Merci à "Super Tomate" de m'avoir fait découvrir ces émissions en en diffusant la référence sur Diaspora* : https://diasp.org/posts/6768717.

A côté de ça, dans les bibliothèques et les librairies, une foule d'ouvrages viennent étoffer ce qui se dit sur "monsieur le loup", ou "madame la louve".

Parmi les thèmes abordés, il en est un qui revient régulièrement, c'est la dualité, l'ambivalence que cet animal évoque pour nous. Tantôt apprécié, tantôt haï, nos avis se déchirent… Comme les sujets d'actualité !

Ce qui m'intéresse dans ce caractère dual, c'est qu'il me rappelle la dualité que nous portons en nous.

Et je vais terminer, en dernière touche, par une petite histoire, que j'ai rencontrée plusieurs fois comme une histoire amérindienne, "l'histoire des deux loups". Cette histoire appartient à la tradition populaire, il n'y a donc pas de droits d'auteur. La version que je reprends ici provient de ce site qui nous la présente comme une légende Cherokee/ : https://notreterre.wordpress.com/2010/03/07/les-deux-loups-une-legende-cherokee

Un vieux Cherokee voulait faire l’enseignement de son petit-fils en lui parlant de ce qu’est la vie.

«Il y a un combat qui se déroule en moi», dit-il au garçon.
C’est un combat terrible qui se produit entre deux loups.

L’un est mauvais, il n’est que colère, envie, tristesse, regret, avidité, arrogance, auto apitoiement, culpabilité, ressentiment, sentiment d’infériorité, mensonges, faux orgueil, sentiment de supériorité et ego.

Et puis il y a l’autre loup: il est bon, et n’est que joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi.

Ce combat terrible se passe aussi en toi, et à l’intérieur de chacun. »

Le petit-fils réfléchit pendant une minute, puis demanda à son grand-père,
« Mais grand-père, lequel des deux loups va gagner? »

Le vieux Cherokee lui répondit simplement:
« Celui que tu nourris».